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Boulez 2025

La vie de Pierre Boulez en étincelles

De gauche à droite : Jean Batigne, Pierre Boulez, Georges Van Gucht et Claude Ricou (trois des membres des Percussions de Strasbourg), juillet 1962

De gauche à droite : Jean Batigne, Pierre Boulez, Georges Van Gucht et Claude Ricou (trois des membres des Percussions de Strasbourg), juillet 1962

© DR

Le 26 mars 2025, nous fêtons le centenaire de la naissance du compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez. À cette occasion, nous vous présentons les dates marquantes de la longue carrière de celui qui a fondé et dirigé l’Ircam pendant 15 ans.

1925

Naissance de Pierre Boulez le 26 mars 1925. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse à la musique.

1944

Boulez est admis dans la classe d’harmonie de Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris et remporte son premier prix d’harmonie l’année suivante. De 1944 à 1948, il compose ses premières œuvres, souvent pour piano. Celles-ci comprennent Douze Notations, Trois Psalmodies et Première Sonate,, suivies de Sonatine et de la première version de Visage nuptial  pour soprano, alto et orchestre de chambre, sur des poèmes de René Char.

Douze notations (1945)

Douze notations (1945)

par Pierre Boulez, enregistré en 1995

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1946

Boulez est nommé directeur de la musique de scène de la Compagnie Renaud-Barrault et dirige des partitions de Georges Auric, Francis Poulenc, Arthur Honegger et de lui-même.

1947

À cette époque, Boulez s’ouvre au monde et, au travers de ses voyages, noue des relations avec les protagonistes de l’avant-garde musicale tels que Luciano Berio, Luigi Nono et Igor Stravinsky et rencontre des artistes comme Jackson Pollock et Willem de Kooning. Ces expériences vont fortement influencer son œuvre.

De gauche à droite : Pierre Boulez et Geza Anda, 1951De gauche à droite : Pierre Boulez et Geza Anda, 1951 © DR

1951

Boulez se livre à des expériences aux studios de musique concrète de Pierre Schaeffer à Radio France, qui ont donné naissance à deux études de musique concrète.

1952

Dans Structures I pour deux pianos, œuvre radicale, Boulez applique le principe du « sérialisme généralisé ».

1953

Soucieux de faire entendre la musique moderne dans de bonnes interprétations, et d’aborder avec plus de professionnalisme la création contemporaine, Boulez organise avec Jean-Louis Barrault les Concerts du « Petit Marigny » qui prendront l’année suivante le nom de « Domaine Musical ». Il en assurera la direction jusqu’en 1967.

1955

Le Marteau sans maître, pour alto et six instruments, est créée. Cette œuvre a longtemps représenté non seulement la production du compositeur, mais aussi toute une époque de la musique contemporaine européenne.

Le Marteau sans maître (1954)

Le Marteau sans maître (1954)

par Pierre Boulez, enregistré en 1986

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1960

Dans Pli selon pli, pour soprano et orchestre, Boulez rend hommage au poète Mallarmé. Cette œuvre est considérée comme le point d'aboutissement et de clôture du « premier Boulez », qui jusqu’en 1960 a bouleversé les données de la pensée, de l'écriture et de l'écoute musicales plus qu'aucun compositeur de sa génération. Commence au tournant des années 60 sa carrière à l’internationale, durant lesquelles il dirige les plus grands orchestres en Europe et aux États-Unis. 

1963

Sa monographie, Penser la musique aujourd’hui voit le jour. À cette époque, il intervient dans de nombreuses conférences lors des cours d’été à Darmstadt, où il s’affirme avec Karlheinz Stockhausen, Luciano Berio, György Ligeti et Luigi Nono comme une des plus fortes personnalités de sa génération.

Pierre Boulez et Paul Sacher sur le chantier de l'Ircam, non datéPierre Boulez et Paul Sacher sur le chantier de l'Ircam, non daté © Marion Kalter

1966

André Malraux nomme Marcel Landowsky à la tête d’un Service de la Musique. Boulez publie une tribune « Pourquoi je dis non à Malraux » et décide de se détacher des organismes officiels de la musique en France.

1969

Il dirige pour la première fois l’Orchestre philharmonique de New York, dont il prendra la direction de 1971 à 1977, succédant à Leonard Bernstein. Parallèlement, il est nommé chef permanent du BBC Symphony Orchestra à Londres, fonction qu’il occupera de 1971 à 1975.

Éclat, Bâle 1969Éclat, Bâle 1969 © Esther Pfirter/Orkuss

1970

À la demande du président Georges Pompidou, Boulez réfléchit à l’élaboration d’un projet de centre de recherche musicale qui sera intégré au programme du Centre Beaubourg, et sera dénommé à partir de 1972 : Ircam. Au cours des années à suivre, Boulez va jouer un rôle majeur pour l’évolution de la vie musicale en France en participant à la fondation d’institutions musicales situées au point de jonction entre recherche, création, patrimoine et transmission.

1975

Michel Guy, secrétaire d’État aux Affaires culturelles, annonce la création de l’Ensemble intercontemporain (EIC), dont la présidence est confiée à Pierre Boulez.

1976

Boulez commence à enseigner au Collège de France dans le cadre de la chaire « Invention, technique et langage en musique », qu’il occupera jusqu’en 1995. Toujours en 1976, il est invité à Bayreuth pour diriger la Tétralogie de Wagner, dans une mise en scène de Patrice Chéreau, pour la célébration du centenaire du « Ring ». Cinq années de suite, il dirigera cette production.

1977

L’Ircam organise un cycle de manifestations musicales « Passage du XXe siècle » tout au long de l’année et investit son bâtiment souterrain situé sous l’actuelle place Stravinsky.

1980

Boulez réalise une version symphonique de quatre de ses Notations pour piano, travail qu’il poursuivra jusqu’en 1999.

1981

Boulez crée Répons, œuvre iconique de l’Ircam qui s’appuie sur la machine 4X, un processeur numérique en temps réel. Dans cette œuvre qu’il développera et révisera jusqu’en 1984, le compositeur se réfère aux chefs-d’œuvre responsoriaux en faisant dialoguer l’ensemble instrumental au centre du dispositif, les six solistes à la périphérie et l’électronique dans tout l’espace.

1986

Tournée de l’Ensemble intercontemporain et de l’Ircam aux États-Unis.

Notations I-IV (1980)

Notations I-IV (1980)

par Pierre Boulez, enregistré en 1995

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1988

Boulez réalise une série de six émissions télévisées : « Boulez XXe siècle ». Dans le cadre du festival d’Avignon, il dirige Répons à la carrière Boulbon. Compositeur invité du centre Acanthes, à Villeneuve-lès-Avignon, où il donne une série de cours de direction d’orchestre.

1992

Laurent Bayle reprend la direction de l’Ircam. Au cours des années suivantes, Boulez compose les ultimes œuvres de son catalogue, dont …explosante-fixe…,Incises et Anthèmes 2, et signe un contrat d’exclusivité avec Deutsche Grammophon. En août de la même année, le festival de Salzbourg lui consacre une programmation exhaustive consistant en concerts avec l’Ensemble intercontemporain et l’Ircam, et avec des formations symphoniques.

1995

La Cité de la Musique est inaugurée par François Mitterrand, projet pour lequel Boulez œuvrait depuis le début des années 1980.

Anthèmes 2 (1997)

Anthèmes 2 (1997)

par Pierre Boulez, enregistré en 2007

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2000

Boulez remporte un Grammy Award pour Répons.

2004

Préoccupé par la transmission auprès de la jeune génération, il crée l’Académie du Festival de Lucerne qui accueille chaque année cent trente musiciens venus se perfectionner dans l’interprétation de la musique de notre temps.

2009

Le Musée du Louvre lui consacre une exposition, Pierre Boulez, œuvre : fragment.

Pierre Boulez au Festival de Lucerne 2007Pierre Boulez au Festival de Lucerne 2007 © DR

2011

Boulez entreprend une tournée européenne avec les musiciens de l’Académie du Festival de Lucerne et l’Ensemble intercontemporain autour de son œuvre Pli selon pli.

2013

La Deutsche Grammophon édite un coffret de 13 CDs de l’œuvre complète du compositeur.

2015

La Philharmonie de Paris, projet pour lequel Boulez militait depuis de nombreuses années, ouvre, concrétisant ainsi son action visionnaire en matière de politique culturelle.

2016

Pierre Boulez s’éteint à son domicile de Baden-Baden, le 5 janvier 2016.

Pierre Boulez, 2007Pierre Boulez, 2007 © Jean Radel


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